Champ libre


La pieuvre. Dessin à la moissonneuse-batteuse, 192 x 262 mètres. Juillet 2008


Crédits photographiques : J-Y Le Grand-Bréban (3 à 5)


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« L'agroglyphe, parent pauvre du land art, n'est pas une discipline ésotérique! »
Hurlait rageusement Guillaume Piot à la face du monde, depuis les commandes de sa moissonneuse-batteuse.


Pierre Bamford, sculpteur installateur, travaillant dans le Berry et ayant mené de multiples projets comprenant des notions de développement
rural et d’échanges locaux au sein du collectif “la Berrichonne du Salut” s'est vu offrir une feuille blanche de 20 hectares et un pinceau de 5m
de large par Guillaume Piot, agriculteur, musicien et organisateur de concerts. Loin des préoccupations mystiques et des messages extra terrestres,
nos deux protagonistes ayant l'eau comme préoccupation commune, le projet d'une anamorphose à motif de gouttelettes a vu le jour. Cet acte
pictural simple, effectué en pleine champagne berrichonne, zone de culture céréalière intensive, impose une réflexion sur la place de l'environnement
dans l'équation agro-industrielle tout en proposant une relecture des canons de la fenêtre sur paysage propres à la peinture du 19 ème.

L'élaboration de ce projet a suscité l'engouement inattendu de plusieurs agriculteurs et nous a amené à élargir le cadre de notre démarche en
intégrant de nouvelles propositions plastiques nous permettant ainsi une recherche plus générale sur les corrélations possibles entre certaines
pratiques artistiques et les problématiques intrinsèques au Land Art. Aussi avons nous choisi de convoquer différents media et artistes dans un
projet d'exposition pressenti au château d'eau à Bourges et dans la ville elle- même. Cette exposition, en parallèle à un événement dans la ferme
de Baugy ancrant la démarche dans sa ruralité, a pour objectif de toucher un plus large public et de permettre une véritable confrontation entre
les outils contemporains de création et notre exercice champêtre. Avec cette opération nous cherchons à réaliser plusieurs transferts, d'une part
la délocalisation de l'œuvre au centre du désert céréalier, territoire inconnu de la majorité du public, puis le captage d'intérêt d'une frange de la
population agricole autour de thématiques et de parcours artistiques qui leur sont habituellement peu accessibles et enfin une distorsion de la
production artistique du fait de la démesure de l'échelle et le minimalisme de la palette proposé par l'activité agricole. Pour que ces glissements
s'opèrent sans frictions il est nécessaire que les artistes inscrivent leur travail dans l'activité agricole sans en perturber le déroulement outre-mesure,
on s'achemine donc vers des interventions éphémères, pendant les récoltes avec des constats photographiques qui seront présentés en parallèle à
des travaux d'atelier et des productions inhérentes à l'exposition.

Produire du signe à telle échelle, nous contraint à expurger de notre travail les recettes esthétiques héritées de notre maîtrise du format et de
nos habitudes de production. L'enjeu est bien d'interroger le sens en rendant caduques nos acquis formels. Au regard des dimensions offertes aux
artistes l'exercice paraît flatteur mais il n'est pas si aisé et force à une certaine humilité. Mettre en évidence les rapports entre les œuvres agricoles
et leur corollaires d'atelier nous semble donc essentiel afin d'offrir au public les clefs nécessaires à la compréhension de la démarche des artistes.
Pour valider notre démarche, garder une trace de cette expérience inédite et préparer son renouvellement sous la forme d'événement annuel ou
bisannuel nous projetons d'éditer un catalogue de l'exposition. Il faut noter la relative faiblesse d'investissement nécessaire à la production d'œuvres
monumentales sur des espaces de plusieurs dizaines d'hectares due à une conjonction exceptionnelle de moyens: la bienveillance d'un club d'aviation
et de ses pilotes pour les prises de vues aériennes et l'accueil chaleureux d'agriculteurs particulièrement curieux de participer a un événement artistique
sur leur terres.


Les dessins dans les champs ont été réalisés en juillet 2008 dans les fermes de Guillaume Piot, Laurent Poirier et Stéphane Pascaud respectivement à
Saligny-le-vif, Gron et Villequiers.

Les artistes participants à ce projet sont Pierre Bamford, Richard Compte, Lina Jabbour, Dominique Mercklen et Johann Ollivier.





EXPOSITIONS PERSONNELLES

Variations

11h42

Ligne de flottaison

Nuages de poussière

Variable cataclysmique

L'enclos

Still life with a skull

Zone de crépuscule

Isidore

Reg II

Parasites et carnivores



DESSINS, PEINTURES, ÉDITIONS

Fenêtres et Écrans

Trames

Études de tapis

À l'horizon

Tempête orange

Castle Bravo

Les nuages

2011 et avant



Biographie

Quelques textes



AUTRES

Nichoir, nichoir

Un crocodile

Anciens travaux







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